Ce n'est pas assez d'avoir un cerveau, il faut savoir s'en servir.

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Ce n'est pas assez d'avoir un cerveau, il faut savoir s'en servir.

Consternant… c’est malheureusement le seul mot qui me vienne à la tête en écrivant ce billet. Beaucoup de tristesse et de ressentiment aussi. Et une sourde colère….

Clément Méric est mort sous les coups de la vermine fascistes, et au lieu d’honorer sa mémoire, je n’ai vu aujourd’hui à la manifestation toulousaine, qu’indignité, inconscience et sectarisme.

Remontons de quelques heures :

Hier syndicats et forces politiques de gauche se sont rassemblés en hommage à Clément à Montauban. Cette initiative - imparfaite, car à mon goût au départ pas assez unitaire - à quand même réunie, les syndicats Solidaires, CGT, FO, FSU, toutes les composantes du Front de gauche, les Jeunesses Communistes, le NPA (que j’ai personnellement sollicité), Montauban Citoyenne et une toute petite délégation du PS. J’espère n’oublier personne.

On m’a demandé de prendre la parole au nom de l’intersyndicale, étant syndiqué à Solidaires comme Clément… Cela ne me rend ni plus proche de lui, ni plus légitime pour en parler. Mais j’ai fini par accepter avec réticence. Personne n’a le monopole du cœur comme disait le diamantaire. Personne non plus n’a protesté quand les J-C ont demandé de prendre unitairement la parole au nom des forces politiques présentes et d’éviter ainsi l’obligatoire et interminable litanie de chaque organisation. Pourtant aucunes de nos prises de paroles n’avaient été concertées auparavant comme cela se fait systématiquement : un texte unitaire devant être avalisé par tout le monde.

Amateurisme vous me direz?

Dans l’urgence d’organiser ce rassemblement unitaire et l’émotion qui nous a tous envahis, nous ne sommes pas appesantis sur ce formalisme nécessaire. Un camarade est mort et nous n’avions pas l’esprit de chicaner sur un verbe ou une virgule. Juste nous souhaitions rendre un hommage digne et le faire tous ensemble. Et nous mettions en avant un cadre de confiance entre nous dans un tel drame.

Mais à Toulouse cela a été l’inverse. La dignité s’est évaporée en un relent de sectarisme et d’aveuglement gauchiste aussi navrant que désespérant pour notre camps social.

Les antifa (UAT), le NPA et quelques autres groupes d’extrême gauche (trotskystes, maoïstes ou anarchistes) ont refusé, non pas de mélanger les cortèges dans une alliance, même de circonstance, de montrer aux fascistes notre indéfectible unité : muraille face à leur idéologie nauséabonde et criminelle.

Non ces révolutionnaires du samedi ont refusé de faire un unique cortège : dès le départ, et durant toute la manifestation, 500 mètres ont séparé les ultra-purs, de nous… syndicats ou organisations politiques de gauche (mais sans doute pas assez d’après eux). Un cordon sanitaire, une zone de décontamination même, séparaient nos deux mondes, aidés par un impressionnant service d’ordre. 500 gugusses d'un côté et 500 de l'autre... 500 mètres plus loin! Cela aurait pu être risible, si ce n’était à pleurer. Je n'ose imaginer la joie teintée de soulagement des fachos face à une aussi faible et divisée mobilisation.

Nous sommes passés d’indésirables à pitoyables vendus, quand un des porte-parole antifa a dénoncé au haut-parleur la "récupération" de la manifestation par les partis et syndicats (1). Nous avons même dû emprunter un détour pour rejoindre la place Saint Étienne car nous étions bloqués par le cortège antifa et que les menaces en notre encontre pleuvaient. Certains abrutis, soutenus par leurs leaders, souhaitaient une bataille... entre antifascistes.

Parce qu’il était un antifa parisien, les antifa toulousains se sont donc sentis plus légitimes d’honorer la mémoire de Clément que l’Union Syndicale Solidaires ? Mais Clément était syndicaliste à Solidaires. Quelle légitimité pour le NPA qui a participé allégrement à cette mascarade ? Clément n’était pas encarté chez eux.

Au nom de « pas de récupération de la mort de Clément », ils ont récupéré cette tragédie à leur misérable compte. L’ennemi n’est plus l’extrême droite mais le Front de gauche, le PS, les syndicats, et nous... simples militants et citoyens qui venions rendre un hommage à Clément et dire non au fascisme!

Je ne suis pas le dernier à critiquer le PS et ses alliés. Lisez un peu le blog et vous verrez. Non, ces inconscients foulent un principe de base : la nécessité d'un Front unique face au racisme et au fascisme.

Cohorte de petits bourgeois sourds aux cris de souffrance de millions de travailleurs.

Dans notre tradition socialiste et plus spécifiquement marxiste, dont certains aiment tant ce prévaloir comme uniques héritiers, le Front unique est avant tout une tactique qui permet de travailler ensemble avec des militants qui ne sont pas d'accord sur tout, sans pour autant gommer les désaccords.

Oui, nous n’avons aucune confiance au PS pour transformer le capitalisme en une nouvelle société. On ne le croit même plus capable de le réformer. Cependant, des millions de travailleurs continuent à soutenir ce parti : Hollande est président de la république car des millions de travailleurs ont voté pour lui. Qu'on soit d'accord ou pas. Ou bien ils n'ont qu'à dissoudre le peuple!

Mais justement la tactique du Front unique est de proposer à ces partis de travailler ensemble dans des combats spécifiques, pour des objectifs partiels. Car nous le savons, c’est en combattant aux côtés d'un grand nombre de travailleurs qui ont encore des illusions dans les partis sociaux libéraux ou démocrates et réformistes que les révolutionnaires peuvent démontrer la validité de leurs convictions.

Mais dans leur logique pleine de sophismes, le Front de gauche = le PS = l’UMP = le FN et donc en conclusion, l’extrême droite et le Front de gauche c’est pareil : du Jean François Copé dans le texte, tous les extrêmes sont les mêmes, qui soient de gauche ou de droite.

Alternative Unitaire dans un communiqué (2), « appelle à l’unité la plus large possible pour la construction d’une riposte antifasciste d’ampleur et condamne les divisions. » mais en même temps écrit « Que les ténors du Front de gauche et du PS se soient fait huer jeudi au rassemblement en hommage à Clément Méric n’a rien d’étonnant. »

Belle condamnation des divisions. Ces révolutionnaires d’amphithéâtre doivent en fait parler d’Huer-nité! Aucune dialectique, juste de la posture un peu idéologique surtout vestimentaire.

Pour achever ce billet, je vais donc m’adresser à mes anciens camarades du NPA toulousain, surtout aux anciens "cadres" venus de la LCR. Camarades, avez-vous oublié les écrits du vieux que vous aimez tant citer ?

« (…) Il est donc nécessaire d'appliquer notre tactique de telle manière que le Parti Communiste qui est l'incarnation de l'avenir de la classe ouvrière entière n'apparaisse pas aujourd'hui - et surtout ne le soit pas en fait - un obstacle à la lutte quotidienne du prolétariat.

(...) Il doit prendre l'initiative d'assurer l'unité de cette lutte quotidienne. C'est uniquement ainsi qu'il se rapprochera des travailleurs qui ne marchent pas encore avec lui et n'ont pas encore confiance en lui parce qu'ils ne le comprennent pas.

Si le Parti Communiste ne cherchait pas à trouver les voies d'organisation susceptibles de rendre possible à chaque moment donné des actions communes concertées entre les masses ouvrières communistes et non-communistes (social-démocrates compris), il prouverait par cela même son incapacité de conquérir la majorité de la classe ouvrière par des actions de masse. Il dégénérerait en une société de propagande communiste et ne se développerait jamais en parti de conquête du pouvoir.

(…) L'unité du front s'étend-elle seulement aux masses ouvrières ou comprend-elle aussi les chefs opportunistes ?

Cette question n'est que le fruit d'un malentendu. Si nous avions pu unir les masses ouvrières autour de notre drapeau, ou sur nos mots d'ordre courants, en négligeant les organisations réformistes, partiel ou syndicats, ce serait certes, la meilleure des choses. Mais alors la question du front unique ne se poserait même pas dans sa forme actuelle.

La question du front unique se pose par cela même, que des fractions très importantes de la classe ouvrière appartiennent aux organisations réformistes ou les soutiennent. Leur expérience actuelle n'est pas encore suffisante pour les en faire sortir et les amener à nous. Il est possible qu'au lendemain des actions de masse qui sont à l'ordre du jour, un grand changement survienne sur ce point. C'est justement ce que voulons. Mais nous n'en sommes pas encore là.

(…) L'unité de front suppose donc de notre part la décision de faire concerter pratiquement nos actions, dans de certaines limites et dans des questions données, avec les organisations réformistes pour autant qu'elles représentent encore aujourd'hui la volonté de fractions importantes du prolétariat en lutte.

(…) Mais nous nous sommes séparés des organisations réformistes ? Oui, parce que nous sommes en désaccord avec elles sur les questions fondamentales du mouvement ouvrier.

Et pourtant, nous recherchons un accord avec elles ? Oui, chaque fois que la masse qui les suit est prête à agir de concert avec la masse qui nous suit, et chaque fois que les réformistes sont plus ou moins forcés à se faire l'instrument de cette action.

(…) Nous avons rompu avec les réformistes et les centristes pour avoir la liberté de critiquer les trahisons, l'indécision de l'opportunisme dans le mouvement ouvrier.

(…) C'est justement dans l'action que les grandes masses doivent se convaincre, que nous luttons mieux que d'autres, que nous voyons plus clair, que nous sommes plus courageux et plus décidés.

(…) Ce n'est pas assez d'avoir un glaive, il faut l'aiguiser, ce n'est pas assez de l'aiguiser, il faut savoir s'en servir Leon Trotsky dans le Bulletin Communiste (3).

Continuer à militer contre le fascisme, le racisme, le sexisme et l’homophobie. Poursuivre la lutte pour une société plus juste, plus humaine, plus égalitaire. Se battre encore et toujours pour abattre le capitalisme. Ne pas baisser la tête, non jamais. Toujours se relever après avoir mordu la poussière. Et gagner ainsi le droit précieux de recommencer.

Mais cette journée est une journée de défaite.

S.T le 8 juin 2013

1) http://midi-pyrenees.france3.fr/2013/06/08/quelques-centaines-de-personnes-defilent-toulouse-en-hommage-clement-meric-266321.html

2) http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article5364

3) http://www.trotsky-oeuvre.org/22/03/220302.html

Ce n'est pas assez d'avoir un cerveau, il faut savoir s'en servir.

Edit le 9/06/13 : l'article de La Dépêche.fr

Manifestation anti-fasciste : deux cortèges pour un même hommage

La manifestation antifasciste n’a pas attiré la foule hier dans le centre de Toulouse. Un millier de personnes réunies dans deux cortèges séparés pour un même rejet de l’extrême droite.

«Quand même, on aurait dû plus mobiliser. Les gens ne comprennent pas. C’est le retour de la peste brune !» Il y avait du dépit chez ce militant du Parti communiste, croisé hier rue du Rempart-Saint-Etienne, à Toulouse. Un moment symbolique de ce rassemblement antifasciste qui n’a pas vraiment mobilisé (850 participants selon la police, un petit millier en comptant large) où les deux cortèges, partis à 10 minutes d’écart depuis la place Arnaud-Bernard se sont séparés. Celui de l’ultra gauche continuant vers le monument aux morts ; celui des partis et syndicats «traditionnels», Communistes, Verts, Parti de gauche, CGT, Sud coupant par la rue du Rempart direction Saint-Étienne et la préfecture.

Deux groupes pour une même cause, résultat d’une «scission» décidée tard vendredi, après une réunion décrite comme très houleuse entre les partis «constitués» et l’ultra-gauche.

«Pas de récupération», ont martelé hier les membres du «premier» cortège (CNT, NPA notamment) qui avait appelé depuis plusieurs semaines à ce rassemblement pour dénoncer la manifestation identitaire organisée par les Jeunesses Nationalistes - finalement interdite par la préfecture vendredi.

La mort de Clément Méric, violemment agressé mercredi à Paris par des membres de l’extrême droite, a logiquement élargi la mobilisation contre le fascisme. Ce rassemblement antinationaliste s’est transformé en hommage au jeune militant «antifa», mort jeudi à l’âge de 19 ans. Et quand les partis et syndicats «constitués» manifestaient dans le calme avec des banderoles contre l’extrême droite, et quelques représentants du Parti socialiste pas vraiment les bienvenus (François Briançon, adjoint au maire de Toulouse était présent au départ du cortège à Arnaud-Bernard), les membres de l’ultra-gauche s’époumonaient pour crier : «Clément présent, ni oubli, ni pardon» ou «Clément, comme nous, était antifasciste». Ce cortège s’est finalement arrêté place Esquirol et s’est disloqué sans le moindre incident après une minute de silence, émouvante et applaudie au-delà des manifestants présents.

Jean Cohadon

Le reportage de France3.fr

Ce n'est pas assez d'avoir un cerveau, il faut savoir s'en servir.

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S
I do have the same opinion as yours. I don't understand why the people in a union like these goes outrageous when one among them dies. Yeah, they may be rejected with justice, but give the man honor . This is sad.
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S
Peut être que je focalise plus sur le NPA que sur les autres groupes présents samedi. 2 raisons, la première est que j'ai milité au NPA pendant 4 ans de 2008 à 2012 donc je connais bien la "boutique" à l'inverse des autres formations comme AL, voix prolo, et la direction qu'a pris le NPA me touche plus que les autres groupes dont je n'attend pas grand chose. La seconde, le NPA avait pour ambition être un "parti de masse, large et unitaire"... "qui rassemble le MEILLEUR des traditions ouvrières", il en a pris samedi que les plus mauvais aspects.
Je reproche aux cadres toulousains de cautionner, participer ou théoriser la division. Pas d'amalgames avec d'autres comités ou avec tous les camarades du NPA. Je dénonce une unité de façade, le "tous vendu" (FdG, syndicats...) sauf nous.
Quant à ceux qui pensent que le PS/EELV/UNEF n’avaient rien à faire dans le cortège et qu'il fallait les virer manu militari (réunion de préparation), je les laisse méditer sur ça :
"Le fascisme est l'organisation de combat de la bourgeoisie qui s'appuie sur le soutien actif de la social-démocratie. La social-démocratie est objectivement l'aile modérée du fascisme." Staline.
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P
Je ne sais pas si c'est moi, mais je trouve que tu te focalises beaucoup sur le NPA. Il n'y avait pas que le NPA dans le cortège que tu désignes comme "gauchiste". Il y avait aussi la CNT, AL, la CGA, l'OCML-VP, l'UAT et un paquet de personnes qui ont préféré défiler avec les "cagoulés" qu'avec les orgas et syndicats "traditionnels".
Pourquoi focaliser sur le NPA?
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M
Je suis globalement d'accord avec ce qui est écrit. Arrivé en retard, j'ai un peu trainé entre les deux cortèges pour me rendre compte et j'y ai croisé quelques personnes discutant ou exprimant leur incompréhension. Entendu notamment un commentaire pour moi assez vrai : "vouloir partir en tête et condamner la "récupération" c'est se tromper sur l'analyse politique du moment".

J'abonde donc plutôt dans le point de vue exprimé dans le billet. En passant par Esquirol j'ai trouvé moyennement amusant tous ces types en capuche, foulard, lunettes noires, masques de ninja, rangers et j'en passe....je n'associe pas tous les antifas à ces postures mais qu'est ce qu'on veut prouver ce faisant ? Je suis très interrogatif....

En revanche la manif des partis et des syndicats aurait pu, aurait du éviter cet espèce de carré de tête où se pavanent toujours les mêmes têtes des "chefs, des élus (les Sellin, Lacaze et cie) qui m'em.....dent profondément avec leur posture de notables radicaux. Il faudrait qu'ils apprennent la modestie et sachent rentrer dans le rang discrètement. C'est pas leur gueule qu'on veut voir à la télé et à leur donner systématiquement la place de devant on se fera toujours avoir par ces drogués au pouvoir (ma critique peut très bien valoir pour la figure omniprésente de Mélenchon au sein du FDG mais c'est une autre question...).
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P
Pour les masques et les cagoules, quand il vous arrivera ça:
http://cettesemaine.free.fr/spip/article.php3?id_article=4346
ndlr c'était en 2011, on en reparlera de qui veut être premier sur les photos,
S
Bon un dernier tout... mais ça tourne en rond (ou plutôt pas rond) chez certains :

Sophie : désolé je ne peux pas fusionner les com, mais je suis 100% d'accord avec toi. Parfois le sectarisme et la gauchisme empêche la création de la mobilisation (j'ai un mauvais souvenir des toto pendant les manifs des retraites qui nous pourrissaient les Ag inter-pros).

quelqu'un/ bof/ guillaume : merci... grâce à vos commentaires, je vais pouvoir écrire un joli billet sur le gauchisme des pré-ados... après les JCR... le NPA jeune... les antifa toulousains. J'adore aussi "la cohorte de bureaucrates troskistes" pour définir la GA (on a toujours sur ce blog relayé les infos de l'UAT et on continuera). L'histoire des drapeaux en berne... Bref ça vole pas haut vos explications... sans les autres vous auriez été 300 ados à défiler en faisant les kékés... Sur le reste vous comprendrez dans quelques années vos âneries et vous aurez un peu honte de vous... En attendant vous avez trouvé vos vrais ennemis... ce ne sont pas les fachos... ce sont tous les autres!!!

Bon je romps le fil des commentaires ineptes de la bande à bozo... que ceux qui veulent discuter du Front unique, de la lutte antifa continuent à publier sur leurs expériences, de nous indiquer des liens utiles... bref tout ce qui permet de construire en positif!
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G
La manif' d'hier était sans drapeaux si ce n'est des drapeaux anti-fascistes et les drapeaux du NPA en berne... Derrière, on avait un beau camion plein de jolis drapeaux dépliés d'organisations qui jusqu'à ya pas si longtemps aimaient bien casser du "gauchiste" : CGT, PC, PS... Que des grands-amis de l'antifascisme de toujours, tellement des grands amis que le PC a pactisé avec les nazis jusqu'en 1941 et que le PS n'a de cesse de passer des lois racistes et sécuritaires histoire de donner des gages à la bourgeoisie depuis 30 ans en France. Et c'est nous, membres de la première manifestation qui nous faisons traiter de petits-bourgeois parce que nous avons refusé à une cohorte de bureaucrates troskistes et socialistes patentés de venir récupérer la mort d'un camarade de 18 ans.
Et vous osez dire que nous n'avons pas de cerveaux??
franchement, vous n'êtes pas à pleurer mais à mourir d'un rire noir... couleur anarchie.
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S
dg antifa : malheureusement la "récupération ordurière" c'est vous qui l'avez faite en vous accaparant la mort de Clément. Avez vous besoin de votre martyre pour vous donner une légitimité et revendiquer ainsi l'exclusivité dans la lutte antifa?

Julius : le NPA est venu avec ses drapeaux et les a exhibés... mais là ça ne te pose pas de problèmes. Si ta vision de la lutte l'antifasciste se résume à une histoire de drapeaux, change de vocation camarade, tu fais plus de mal à ton camps que de bien. De plus, la lutte antifa n'a pas commencé avec l'UAT... Ras l'front, le SCALP... ça te dit rien... et les gens que tu insultes au FdG ou dans les syndicats ont fait parti de ces structures et se sont aussi cognés avec les fachos... mais toi à l'époque tu matais sans doute les dessins animés à la Tv.

Anonyme : l'appel est aussi celui des syndicats comme Solidaires dont faisait partie Clément... de quel droit l'uat ou le npa auraient leurs "kits" et pas les syndicats. Tu as raison diviser une manif antifa pour une histoire de drapeaux est une "connerie", mais là où tu as tort c'est en croyant que les torts sont partagés... la connerie ne vient pas, pour une fois, de notre côté.

Pour info, en Ariège, un comité de vigilance extrême droite est en train de se mettre en place... L'UAT a envoyé 2 antifas afin d'essayer de capter ce comité et de l'amener sur ses bases politiques ... si ça, ce n'est pas une misérable tentative de récup.

En Tarn & Garonne, le F-Haine fait des scores électoraux incroyables, les racistes et les homophobes sortent de leurs égouts... mais la lutte c'est nous qui la menons... ils sont où les antifa? Sommes nous indignes d'affronter l'extrême droite?

Vous croyez qu'une poignée d'ados boutonneux vont arrêter seuls le fascisme? Vous croyez qu'il suffit de s'acheter à noël la panoplie d'un black bloc pour être un antifa, un vrai? Vous croyez que vous êtes les seuls et uniques dépositaires de la lutte antifasciste? Les antifa toulousains, qui ont cautionné ce qui s'est passé samedi, sont aussi puérils que dangereux : petits bourgeois bouffie de sectarisme.

Refuser le Front unique c'est faire le jeu des fachos... Diviser un cortège, c'est créer une brèche dans un Front anti facho! Et c'est insulter la mémoire de Clément!

Ce n'est pas assez d'avoir un cerveau, il faut s'en servir!!!!
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B
Article très mal renseigné : il oublie que la manif de samedi était organisée depuis plusieurs mois, et que les organisations comme la GA ont refusé d'y participer.

Il aura fallu un mort pour qu'ils acceptent de manifester contre le fascisme. Mais au lieu de faire comme on fait dans ces cas là (accepter le cadre de la manif défini depuis des mois), ils ont voulu prendre la direction de la manif à la place des organisateurs!

Au final, on ne peut que condamner le sectarisme des organisations du FDG (dont la GA), qui refusent de manifester avec l'extrême gauche, tentent de putscher les manifestations des autres et refusent même de respecter le cadre de la manif à laquelle elles participent.
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S
[Merci au modérateur de fusionner ce comm’ avec le précédent, j’avais oublié un truc]

Et l’énorme bagarre qui s’est ensuivie à Compans après la dispersion était sans doute belle à voir pour les fachos !
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S
Malheureusement ce n’est pas nouveau dans la vie militante toulousaine... J’ai encore le souvenir cuisant de la manif du 1er mai 1999, pendant le Congrès national de l’UNEF-ID et dont le (très beau et nombreux) cortège avait été «escorté» par une cinquantaine de totoïdes scandant des slogans hostiles à l’UNEF-ID et au PS au lieu de protester contre le rapport Charpaing qui venait de sortir.
Pauvre Toulouse, quand sauras-tu enfin te débarrasser de tes démons ?
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Q
Sur sa page facebook, l'UAT remet les choses au point :

Au lendemain de la manifestation antifasciste du 8 juin à Toulouse, certains médias et certaines organisations politiques et syndicales dépeignent ceux qui luttent pieds à pieds au quotidien contre l'extrême-droite depuis des années (avec peu de soutien) comme de dangereux sectaires d'ultra gauche récupérant la mort de Clément Méric.

Au delà de la violence de l'attaque portée aux antifascistes, il y a un procès inacceptable : celui de récupérer la mort d'un camarade.

Petit rappel des faits la manifestation du samedi 8 juin "contre le racisme offensive métisse et populaire" était appelée depuis de nombreuses semaines bien avant ce drame horrible.

Évidemment la mort de notre camarade Clément a changé la donne. Cette manifestation se voulait plus large, plus unitaire et bien évidemment en hommage à Clément.

Un jour et demi avant la dite manifestation l'ensemble des partis, organisations et syndicats progressistes appelait à une manifestation au même endroit et à la même heure. Chose naturelle au vu des circonstances.

En revanche il n'y a pas eu de possibilité d'entente entre les "organisations responsables, censées, unitaires, etc..." et les "vilains et dangereux gôchistes antifascistes" qui, alors qu'ils étaient légitimes depuis des semaines sur cet appel à manifester, ont eu l'outrecuidance de demander à ce que cette manifestation se fasse sans drapeaux ni sigles d'organisations, en mémoire de Clément ; au même titre que la manifestation parisienne appelée par les ami(e)s et camarades de Clément.

Les antifascistes sont très choqué(e)s d'être ainsi désigné(e)s comme les moutons noirs de cet évènement, alors que nous vivions une tragédie et que c'est vraiment par décence et par respect pour Clément et ses proches, que nous ne souhaitions pas la présence trop visible des sigles des organisations politiques et syndicales de gauche.

Le comble de cette histoire est de se voir aujourd'hui désignés en récupérateurs de cette tragédie, alors même que c'est en voulant à tout prix l'éviter que nous en sommes arrivé à faire deux manifestations distinctes, car aucun consensus n'avait été trouvé la veille au soir dans une réunion (à la va vite, au dernier moment) en vue de maintenir l'unité justement.

Peu importe nous serons toujours stigmatisé(e)s. En revanche nous assumons la position qui visait à faire de ce moment, un moment revendicatif et d'hommage à Clément et à ses proches et ce dans le respect et dans la dignité !

D'ores et déjà nous actons de ces prises de positions et attaques à notre encontre. Cela ne nous fera pas cesser ce combat quotidien contre la fascisation de la société, contre la violence d'extrême-droite, contre les meurtres de jeunes issus de l'immigration dans les quartiers populaires, contre l'islamophobie toujours plus forte dans notre pays, contre les antisémites. Nous seront toujours au côté des combats féministes (sans confusion ni écrans de fumée, comme avec la question du voile par exemple) et bien sûr toujours du côté des opprimé(e)s.

Alors ce sera pour Clément à jamais dans nos cœurs, ce sera pour toutes les victimes des fascistes à travers le monde, ce sera contre toutes les discriminations et oppressions.

Cette lutte ne sera jamais une lutte de circonstances mais bien pour certain(e)s d'entre nous le combat de toute une vie !

Ni oubli, ni pardon !

Clément à jamais dans nos cœurs et dans nos luttes !
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A
Oui vous avez raison, c'est une connerie sans nom de se diviser là dessus. Par contre l'appel était fait aussi pour une manif sans drapeaux, et venir avec son kit de parti est aussi déplacé pour moi. Des torts partagés pour un résultat déplorable.
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J
Il y' a trois jours encore la plupart d’entre vous ne connaissaient à peine l'existence de d'organisation antifascistes, et encore moins les diverses faction néonazis, et aujourd'hui vous vous revendiquez à la pointe du combat antifasciste non mais vaste blague quoi . Et le NPA contrairement au Front de Gauche à respecté le fait de ne pas exhiber des drapeaux. Clément était anti fasciste et pas un encarté du FDG...
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D
il y a eu division parce que tout simplement, les partis et syndicats n'ont pas signé le premier appel, qui a été fait, bien avant que clément ne meurt, de plus les partis et syndicats n'ont pas respectés les accords, qui on été décidés en inter-orga. assez de récupération ordurière!!!
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N
Peut-être ces "purs" ont-ils oublié que Clément était syndiqué à Sud, et qu'en plus il étudiait à Science-Po. ça m'étonnerai donc qu'il ait été dans cet état d'esprit sectaire "tous pourris sauf nous" qui caractérisent, pardonnez-moi du terme, ces cons.
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J
Bonsoir, je suis parfaitement d'accord : on n'avancera que dans l'unité. Ce n'est pas en stigmatisant ceux qui sont au bord du chemin sans savoir si ils doivent aller sur la route ou pas avec nous, qu'ils y viendront bien au contraire. Tout est fait pour les éloigner ! Les socialistes "de base" ne sont sûrement pas d'accord avec le gouvernement et il nous faut les rassembler avec nous mais pas en leur criant dessus ou en les considérant comme des pestiférés.
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M
Evident !!
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