Municipales de 2014 : déclaration de la Gauche anticapitaliste.

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Municipales de 2014 : déclaration de la Gauche anticapitaliste.

« Engager le Front de Gauche dans l’affirmation d’une politique contre la droite et alternative à l’austérité de gauche »

Les élections municipales auront lieu en 2014, après deux années d’austérité de gauche. Le dispositif du gouvernement Hollande-Ayrault est déjà bien en place. De la signature d’un traité européen copie conforme du traité « Merkozy » à l’ANI en passant par les cadeaux au patronat, la loi Peillon qui s’inscrit pour l’essentiel dans la continuité de la logique politique des gouvernements précédents en matière d’éducation, celle de Fioraso sur l’enseignement supérieur et la recherche qui aggrave la loi LRU, avec en perspective une nouvelle « réforme » des retraites, ce sont l’ensemble des repères qui fondent traditionnellement l’identité de gauche qui sont ostensiblement foulés aux pieds. Le social libéralisme austéritaire se déploie aujourd’hui à visage découvert.

Les échéances municipales seront le premier test national pour l’équipe au pouvoir. Hollande bat déjà des records d’impopularité. Rien dans les projets du gouvernement n’indique que le cours suivi pourrait être modifié dans les mois qui nous séparent des élections. Au contraire. Les élections municipales se dérouleront d’ailleurs en pleine « réforme » des retraites. Dès lors, il est difficile de ne pas faire l’hypothèse d’un sérieux revers pour le PS. Les dernières élections partielles en sont une première indication. Bien que la situation politique et sociale soit différente, les récentes élections italiennes doivent être analysées de près, et nous convaincre que les prochaines échéances électorales ne seront pas seulement un revers comme la social-démocratie au pouvoir en a traditionnellement connu : la crise et les politiques d’austérité modifient radicalement les paramètres de la situation. Leurs effets joueront à plein lors des municipales. Ce discrédit – légitime – de la social-démocratie peut nous entraîner par le fond, il nous faut indiquer à quel point nous défendons des orientations et des choix radicalement différents. Cela ne peut se faire dans le cadre d’une alliance de premier tour avec le PS.

Il semble peu utile de disserter à l’infini sur la part d’enjeux locaux et nationaux dans ces élections. Nul ne peut nier qu’elles auront aussi une dimension nationale, et que la question du positionnement politique général vis-à-vis du gouvernement sera déterminante.

L’électorat de droite et d’extrême droite sera au rendez-vous. Dans un tel contexte, il faut absolument prouver qu’une autre gauche existe, qui lutte contre l’austérité, qui a des solutions concrètes à proposer pour ici et maintenant. C’est pour cela que le FdG a vocation à présenter au premier tour des municipales des listes autonomes contre l’austérité et ses applications locales.

Nous souhaitons que cette démarche s'inscrive dans le cadre d'un positionnement national en faveur de listes indépendantes de la politique du gouvernement, de l’austérité, pour en faire un moment de déploiement, d’ouverture du FdG et de popularisation de ses propositions. En effet, à nos yeux, le FdG est porteur d'une alternative à gauche et nous souhaitons soumettre au suffrage du peuple une orientation distincte de l’orientation sociale-libérale tant au niveau national qu'en ce qui concerne la gestion des municipalités. Les réformes antidémocratiques successives, et la logique même des institutions, laissent des marges de manœuvre limitées, encore réduites par les tentatives d’imposition de l’austérité aux collectivités territoriales via l’acte III de décentralisation. Le PS défend cependant, notamment dans les grandes villes, une politique qui n’est pas compatible avec le projet et les ambitions qui sont les nôtres, des « délégations de service public », forme masquée de privatisation, à la privatisation de l’eau en passant par les grands projets d’inutilité publique.

Il nous faut défendre une politique différente, en toute autonomie. Si tel n’était pas le cas, nous laisserions le FN en position de bénéficier seul du mécontentement et d’incarner l’alternative politique. Nous abdiquerions du combat politique pour construire à gauche un large bloc social et politique contre l’austérité.

Si la ligne politique du FdG est un élément structurant de ces listes de rassemblement contre l’austérité, nous pensons que celles-ci ont vocation à s'élargir et à s'ouvrir à d'autres courants politiques, comme à des individus de la mouvance associative et syndicale qui seraient parties prenantes de cette alternative unitaire à gauche. Cela concerne le NPA et LO, des courants comme les Alterékolos, des mouvements décroissants et écologistes radicaux, des groupes ou militants des Verts ou du PS critiques à l'égard de la politique du gouvernement. Localement, les contradictions seront peut-être vives, dès lors que les finances des collectivités locales seront dans le collimateur plus encore qu’en 2013.

Pour résumer donc, la ligne de clivage demeure à nos yeux au premier tour le principe d'une liste autonome par rapport au social-libéralisme ouverte à toutes les forces de gauche en accord avec un programme anti austérité.

L'objectif, défendu dans le texte « stratégie » du FdG, de conserver un maximum de municipalités participe du rapport de forces global. Mais, en dehors de celles-ci, si nous pouvons entendre qu’une situation politique et sociale difficile pousse à préserver l’acquis plutôt que de lâcher la proie pour l’ombre, nous insistons sur le fait que le PS n’en sera peut-être pas le meilleur garant électoral. Nous devons parier ensemble sur la dynamique d’une campagne autonome. Nous pensons que l’évolution rapide de la situation et l’aggravation des politiques d’austérité contribuent et vont contribuer à ce que le FdG dans son ensemble s’en convainque et reprenne confiance dans ses propres forces. Cependant, nous regrettons le choix du PCF de reporter toute décision à l’automne 2013 (voire début décembre). Nous souhaitons la mise en place de listes incluant l’ensemble des composantes du FdG. Si par malheur les composantes du FdG n’étaient pas toutes convaincues, il reviendrait à celles qui le veulent d’assurer une expression politique minimale du FdG au premier tour des élections municipales. Il ne s’agit évidemment pas du cas de figure le plus souhaitable. Cependant, nous ne pouvons attendre l’automne, ou décembre, pour nous mettre au travail, sauf à ce que la probabilité de listes autonomes s’affaiblisse beaucoup. Il appartient aujourd’hui à l’ensemble des composantes du FdG qui le souhaitent de s’atteler à la formulation d’un positionnement politique général, à la mise sur pied des grands axes d’un programme et à la composition des listes, à commencer par les plus grandes villes, en faisant en sorte que ce travail préparatoire permette aux composantes qui se détermineraient plus tardivement de prendre toute leur place dans le processus en cours.

Notre objectif est aussi de battre la droite et l’extrême droite, notamment dans une échéance électorale où la porosité entre les deux risques de se faire jour de manière flagrante. Dans ce cadre, nous affirmons notre volonté de fusion des listes de gauche au second tour, à condition que cela n'implique pour nous une quelconque obligation de solidarité de gestion. Les éluEs du FdG défendent leur programme en toute indépendance par rapport aux majorités issues de ces fusions techniques. La participation aux exécutifs est cependant du ressort de chaque composante politique des listes.

Le 27 mai 2013.

Municipales de 2014 : déclaration de la Gauche anticapitaliste.

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