Rapport Duron : on continue de betonner Midi Pyrénées

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Rapport Duron : on continue de betonner Midi Pyrénées

Le lobbying des élus et du patronat a fonctionné. L'incompétence et/ou l'irresponsabilité ont donc gagné une première bataille.

Le rapport Duron annonce que l'autoroute Toulouse Castres (celle des labos Fabre) et la Ligne Grande Vitesse Bordeaux-Toulouse resteront des projets prioritaires. 2 scénarios sont même envisageables selon l'apport ou pas de ressources financières supplémentaires (de 20 à 30 milliards).

Ces deux projets sont inutiles, dispendieux, écologiquement catastrophiques, mais ils restent prioritaires.

Nous revendiquons des investissements publics pour la rénovation des voies existantes. Pas pour financer une ligne nouvelle pour les riches et les hommes d'affaires, ni pour engraisser les bétonneurs, d'argent public. Encore moins pour financer un train qui ne s’arrêtera pas ou une autoroute que les citoyens n’emprunteront pas.

Nous revendiquons des TER gratuits, et nous dénonçons l'utilisation des fonds par le Conseil régional MP, des fonds TER pour le projet LGV. Nous n'acceptons pas le démantèlement de la ligne POLT, la fermeture des "petites" gares ou le retrait de certains arrêts en gare.

Nous refusons, pour satisfaire l'égo de Pierre Fabre et contenter les élus socialistes tarnais, la construction d'une nouvelle autoroute, gouffre financier pour les usagers et les contribuables, et aberration écologique avérée.

Nous refusons de nous plier aux lubies des barons locaux Malvy, Baylet et autres Rousset,

L'écologie n'est pas juste un mot à la mode. Et être de gauche, ce n'est pas œuvrer à l'enrichissement des Vinci, Bouygues et autres multinationales! Non, c'est être au service des travailleurs qui ont besoin de transports en commun sûrs, réguliers, gratuits ou peu cher, pour aller bosser tous les jours. C'est être au service des usagers qui n'en peuvent plus d'être transformés en clients, vaches à lait des compagnies privées!

Mais certains oublient vite, très vite... qu'ils s'en aillent tous!

S.T le 28 juin 2013.

Rapport Duron : on continue de betonner Midi Pyrénées

La N126 Toulouse-Castres et la LGV Bordeaux-Toulouse restent prioritaires dans le rapport Duron

Le passage à deux fois deux voies de la nationale 126 entre Toulouse et Castres ainsi que la LGV entre Bordeaux et Toulouse sont inscrites dans les secondes priorités du rapport Duron, dans sa vision la plus pessimiste.

Le passage à deux fois deux voies de la nationale 126 entre Toulouse et Castres ainsi que la LGV entre Bordeaux et Toulouse sont inscrites dans les secondes priorités du rapport Duron, dans sa vision la plus pessimiste.

Les travaux de la commission mobilité 21, dirigée par le député PS du Calvados Philippe Duron, devaient établir des priorités parmi les 70 projets du Schéma national des infrastructures de transports (Snit), établi sous le gouvernement Fillon pour l'ensemble des infrastructures de transport. Le Snit proposait un investissement de 245 milliards d'euros sur 25 ans.

Après huit mois de consultation, le rapport prévoit deux scénario :

- Le plus pessimiste ne prévoit pas de financement nouveau pour l'Agence de financement des infrastructures de transports de France (AFITF) . Entre huit et 10 milliards d'euros seraient alors investis pour financer un nombre réduit de grands projets notamment de grands "noeuds ferroviaires", destinés à désengorger de nombreuses gares, comme celle de Lyon et celle de Saint-Lazare à Paris, la Part-Dieu à Lyon ou Saint-Charles à Marseille.

C'est dans ce cas de figure que la LGV Bordeaux-Toulouse serait lancée avant 2030 et le passage à deux fois deux voies de la N126 entre Toulouse et Castres

- Le second scénario, "plus ambitieux", affecte entre 28 et 30 milliards d'euros aux grands projets à l'horizon 2030. Il implique un investissement supplémentaire de l'Etat dans le budget de l'AFITF, à hauteur de 400 millions d'euros par an. Les autres LGV sont renvoyées après 2030, sans être condamnées : Les autres projets sont repoussés à une date ultérieure : Paris-Orléans-Clermont-Lyon, Bordeaux-Hendaye, seconde phase de la LGV Rhin-Rhône...

France3.fr - Par Véronique Haudebourg - 28/06/13

Rapport Duron : on continue de betonner Midi Pyrénées

La LGV Bordeaux-Toulouse seule rescapée, mais sous conditions

La LGV Bordeaux-Toulouse est la seule rescapée des propositions de la commission Duron. Mais le projet repoussé à l’horizon 2030 n’est possible que si l’Agence de financement des infrastructures bénéficie de moyens supplémentaires.

La ligne Grande vitesse Bordeaux-Toulouse est une rescapée. Le député Philippe Duron a rendu hier son rapport sur les infrastructures de transport au ministre délégué Frédéric Cuvillier. Sans surprise, le TGV n’est plus en état de grâce. Le parlementaire lui préfère la modernisation du réseau existant et le traitement des points noirs, notamment des nœuds ferroviaires. Par ailleurs, il appelle à explorer une voie intermédiaire entre le TGV et le TER.

Ainsi tous les projets de LGV sont renvoyés à plus tard dans les deux scénarios imaginés par la commission Mobilité 21. Le raccordement Bordeaux-Toulouse pourrait être réalisé à l’horizon 2030 si l’État fait des efforts.

Il faudrait pour cela que l’État abonde dans les prochaines années de 28 à 30 milliards d’euros le budget de l’Aftit (Agence de financement des infrastructures de France). Philippe Duron explique cette exception accordée à Toulouse par deux arguments. «C’est en cohérence avec la priorité donnée dans le réseau central de RTE-T (Réseau transeuropéen de transport) au maillage de toutes les villes de taille européenne», a-t-il justifié. Par ailleurs, «l’aéroport de Toulouse est en voie de saturation et c’est là que l’intermodalité aérien-ferroviaire peut être la plus performante». La commission n’était toutefois pas unanime sur ce projet. Certains membres auraient préféré mettre l’accent sur la modernisation du réseau existant.

Dans une autre hypothèse, le budget consacré aux infrastructures poursuit sa progression naturelle (+8 à 10 milliards d’euros). Dans ce cas, la liaison vers la capitale régionale appartiendrait aux deuxièmes priorités, c’est-à-dire celles à réaliser entre 2030 et 2050. Tout comme le tronçon Bordeaux-Hendaye.

Après l’avis des experts, il faut attendre les décisions politiques. Frédéric Cuvillier n’a rien annoncé hier.

Après avoir une nouvelle fois fustigé le précédent gouvernement qui a laissé derrière lui des promesses chiffrées à 245 milliards d’euros, le ministre a précisé que le rapport Mobilité 21 «ne fige rien». «Il ne lie pas le gouvernement, il l’inspire», a-t-il insisté. Les promoteurs de la LGV Bordeaux-Toulouse n’auront pas à attendre longtemps. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault doit dévoiler les arbitrages le 9 juillet dans le cadre du plan d’investissements du gouvernement.

Une nouvelle donne financière…

La décision de la commission «Mobilité 31» de ne retenir que la liaison Bordeaux-Toulouse et de retarder la réalisation de la desserte Bordeaux-Hendaye après 2030 risque de modifier l’équation financière de ce dossier. En effet, les deux collectivités régionales, Midi-Pyrénées et Aquitaine, comme d’ailleurs plusieurs autres départements, (57 collectivités participent au financement) s’étaient engagés sur des financements concernant le Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO). Un projet composé, depuis 2008, d’un tronc commun de Bordeaux à Captieux, d’une ligne de Captieux vers l’Espagne et une autre ligne vers Toulouse. Les participations financières des collectivités avaient été prévues sur cette base. Le renvoi, après 2030, de la desserte vers l’Espagne, s’il est confirmé, change donc la donne. Exit le GPSO, place au seul projet Bordeaux-Toulouse.

Les réactions n’ont pas tardé. Des élus ont manifesté leur colère, indiquant qu’ils refusaient de payer. Hier, le président du conseil régional d’Aquitaine, Alain Rousset, a mis en avant les risques contentieux avec des collectivités au sud et à l’est de Bordeaux, vers Hendaye et Toulouse, qui, dans le montage financier ont participé au financement de Tours-Bordeaux et réclameraient d’être remboursées si la LGV ne passait pas sur leurs territoires. Alain Rousset, qui doit prochainement rencontrer le ministre des Transports, pourrait envisager de demander une révision de sa participation à la baisse s’il n’était pas entendu. Même s’il a déjà dit qu’il approuvait les conclusions du rapport Duron, Jean-Marc Ayrault doit donner un avis définitif le 9 juillet. D’ici là, les téléphones vont chauffer.

Réactions

Martin Malvy. Le président de la région Midi-Pyrénées a rappelé, hier, la volonté de la région Midi-Pyrénées de voir «retenu et poursuivi l’intégralité de GPSO». C’est à dire à la fois la liaison Bordeaux-Toulouse mais aussi la desserte vers l’Espagne, renvoyée dans le projet Duron après 2030. «Ultérieurement viendra la liaison Toulouse-Narbonne, mais j’ai compris que ce serait effectivement plus tard» a-t-il précisé.

Pierre Cohen. Le maire de Toulouse a exprimé, hier, sa satisfaction après l’annonce des conclusions de la commission 21. Toutefois, a-t-il précisé, nous «restons vigilants aux côtés de la Région et du département de la Haute-Garonne sur le calendrier pour que la construction du tronçon Bordeaux-Toulouse puisse se faire dans la continuité du tronçon Tours-Bordeaux».

Pierre Camani. Le président du conseil général du Lot-et-Garonne a demandé, hier, un moratoire de trois ans sur la participation de sa collectivité au financement de la liaison Tours Bordeaux. Les raisons ? Prévenir d’éventuelles baisses dans les dotations d’Etat qui pourraient rendre difficile la gestion des finances du département.

La Dépêche.fr - Matthieu Verrier et S.B - 28/06/13