Le gouvernement renonce à dissoudre Génération Identitaire
Toujours aussi mou et toujours aussi lâche, le gouvernement Ayrault refuse de dissoudre le groupuscule fasciste de "(dé)génération identitaire" auteur de l'occupation du chantier de la mosquée de Poitier.
Les groupes fascistes et néo-nazis pullulent se nourrissant de la soit disant dédiabolisation du FN et de ses idées, de la popularisation des solutions sécuritaires et populistes de droite comme de gauche : Roms déshumanisés par les différents gouvernements, expulsions quotidiennes de sans papier, contrôles au faciès, impunité de la police notamment de la BAC, attaques contre les jeunes, les fonctionnaires, les syndicats... mais aussi de l'incapacité de la gauche libérale a apportée des solutions viables, radicales et justes pour sortir de la crise.
Si vous rajoutez des politiques austéritaires, la volonté farouche d'épargner le capital, l'entêtement à faire payer la crise du capitalisme aux classes populaires et moyennes, vous obtenez un cocktail explosif de colère, de déclassement social et/ou de misère qui ne peut engendrer que le pire. L'analogie morbide avec les années 30 devient de plus en plus tangible!
Toulouse, Montauban, Castelsarrasin, Moissac, Agen...
La liste des villes où le fascisme progresse dans la rue comme dans les urnes s'allonge.
Le F-Haine, et autres groupuscules d'extrême droite sont des partis qui ne seront jamais des partis comme les autres malgré leurs tentatives de dédiabolisation et de respectabilités. Des partis dont la fonction politique consiste d'abord à diviser le mouvement social et ouvrier dans ses formes syndicales ou associatives, à affaiblir ses capacités de riposte face au système capitaliste, à servir de supplétifs à la bourgeoisie pour renforcer le rapport de force entre les tenants du pouvoir et celles et ceux qui sont censés le subir.
Les fascistes d’aujourd’hui, comme ceux d’hier, sont les ennemis de la classe ouvrière et ils ne reculeront pas à coup de pétition ou par l’opération du Saint-Esprit.
Il existe un danger fasciste aujourd'hui.
Ce danger passe concrètement et indubitablement par la construction et le développement du FN. Il faut arrêter le déni. Il y a urgence à construire une réponse spécifique pour empêcher la construction d'un parti fasciste à partir de l'audience gagnée aux élections et il y a urgence à proposer une alternative anticapitaliste.
Il est temps de relancer ou de soutenir les structures antifascistes et d'attaquer frontalement ces groupes d'extrême droite, F-haine compris. Les attaquer idéologiquement, en démontrant qu'ils sont les alliés conscients de la bourgeoisie et les harceler dans la rue afin qu'ils ne puissent pas distiller leur venin impunément.
Il est plus que temps que la gauche progressiste et anti-austéritaire se mobilise et prenne ce problème au sérieux. Qu'elle propose des solutions radicales et crédibles de sortie de la crise et de rupture avec le capitalisme. La lutte contre l’extrême droite doit devenir une dimension permanente du Front de Gauche.
Pour mettre définitivement fin au danger fasciste il nous faut chasser les rats et nettoyer les égouts dans lesquels ils se reproduisent : pratiquement briser l'outil qui se développe et lutter contre le système qui lui donne naissance.
Nous appelons à un front uni des organisations ouvrières contre le fascisme.
ST le 26 octobre 2012.
INFORMATION FRANCE INFO - Le gouvernement ne va pas dissoudre le groupuscule d'extrême-droite Génération Identitaire qui a occupé, samedi dernier, le chantier de la mosquée de Poitiers. Matignon et le ministère de l'Intérieur ont longuement étudié la question en se basant sur une loi de 1936 sur les groupes de combat et milices privées. Avant de renoncer.
Selon une source gouvernementale, au cours d'une discussion sur ce sujet entre François Hollande et Jean-Marc Ayrault, un conseiller du président de la République a prévenu le couple exécutif que, pour des raisons juridiques, la dissolution de Génération Identitaire ne tenait pas.
Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples, SOS Racisme, le Rassemblement des Musulmans de France, le Front de Gauche avaient demandé cette dissolution. Le MRAP et le PCF du Vaucluse ont également souhaité l'interdiction de la convention du Bloc identitaire, prévue les 3 et 4 novembre à Orange.
Dans une lettre ouverte au Premier ministre, Génération identitaire a réclamé mardi un référendum sur l'immigration en inscrivant l'occupation de la mosquée "dans notre volonté d'un débat public."
franceinfo.fr - le Vendredi 26 Octobre 2012
