Logement : « il faut que le préfet applique la loi de réquisition »
Un an après avoir installé des familles dans des logements inoccupés de la rue Autofages, le DAL revient sur place.Un an après avoir installé des familles dans des logements inoccupés de la rue Autofages, le DAL revient sur place. Etat des lieux d'une action réussie et concertée.
« Nous avons réquisitionné ces 16 appartements qui étaient vides l'an dernier avec l'objectif de loger 10 familles mais aussi de pousser le propriétaire, l'office HLM à regarder ensuite tous leurs dossiers » précise Stella Montabello des don Quichotte. Le DAL et les Don Quichotte ont pris le pari d’installer ces familles et de les aider à s’en sortir. C'est le cas de Danut Popa qui nous ouvre les portes de son logement perché au quatrième étage. « Ça fait dix ans que je suis à Toulouse, je travaillais mais on habitait tous dans un squat. Les bénévoles du DAL ont vu nos conditions de vie et un jour ils nous ont proposé de venir dans cet appartement » se souvient-il. Sur les 10 familles installées au départ, 7 ont trouvés un appartement en HLM.
Les pouvoirs publics attendus
Pour les bénévoles, le succès est souvent amer. « La volonté des bailleurs c'est une chose, mais c'est surtout la volonté des bénévoles et des familles d'occuper ce lieu qui a fait la différence. Il faut mettre les bailleurs devant le fait accompli » souligne Jean Baptiste Eyraud du DAL. Dans le collimateur des associations, la ministre du logement qui avait annoncé qu'elle allait réquisitionner des logements fin décembre. Jean baptiste Eyraud réagit. « Face à çà, qu'est ce qu'on fait ? Et bien on réquisitionne. On a de plus en plus de gens fragilisé qui sont dans la rue et avec le nombre de logements vacants, on doit agir. » Jean Christophe Sellin, élu de la ville de Toulouse soutient la démarche des associations. « Il y a des logements publics et institutionnels qui sont vides, il faut que le préfet applique la loi de réquisition et que l'on puisse faire l'état des lieux des logements vides avec la mairie » conclut le porte-parole du Parti de Gauche.
Pierre Jean Gonzalez - Toulouse Info.fr - le 21 janv 2013
Petite musique de nuit municipale pour l'élu toulousain du Parti de Gauche
Il était le seul élu Parti de Gauche à la mairie de Toulouse, délégué à la Musique. Le maire PS vient de lui retirer sa délégation.
Le conseiller municipal Jean-Christophe Sellin était aussi membre du groupe Communiste, Républicains et Citoyens qui rassemble les éléments municipaux du Front de Gauche. Il s'en est fait virer l'été dernier.
C'est peut-être un peu «humiliant» concède-t-il. Mais il ne sent «surtout pas isolé politiquement». S'il le dit…
Le grand manège des municipales de 2014 se met petit à petit en branle. Pour l'heure, l'élu à gauche de la gauche le regarde se mettre à tourner sans pouvoir y monter dessus : La faute de Sellin? N'avoir pas voté le volet “recettes” du budget de la ville lors du dernier conseil municipal. Il avait certes voté la volet “dépenses”, exprimant ainsi son accord entier avec le budget, «qui est un bon budget», précise-t-il.
C'est pour signifier son désaccord avec la baisse de 3,5 millions de dotation de l'Etat qu'il n'a pas fait l'autre la moitié du chemin. «Rien de plus», dit-il. Mais la subtilité comptable et politique a dû échapper au maire.
A moins que… L'élu Sellin est aussi peu porté que son leader Jean-Luc Mélenchon aux grandes amours avec le PS. Il reprocherait même à ses “alliés” du PCF de coller d'un peu trop près à ce parti-grand frère. Les vrais amis politiques de ce miitant sans concession sont plutôt à chercher du côté des associatifs, syndicalistes et militants radicaux de toute sorte.
«Ma mise à l'écart n'est en tout cas pas un signe très positif pour la constitution d'une liste de rassemblement pour 2014», lance-t-il. Sauf qu'elle intervient pile au moment où cette autre composante majeure du Front de Gauche qu'est le PCF fait savoir ses bonnes dispositions pour un rassemblement avec les socialistes dès le premier tour des municipales prochaines.
C''est donc d'abord pour lui, abandonné par les tromblons et grosses caisses municipales, que le signe envoyé par le maire PS est d'abord négatif. Tout se passe comme si le Tout Sauf Sellin, Tout sauf l'empêcheur de tourner en rond, venait de démarrer.
«Je pèse le score de 15,90% obtenu par Mélenchon à Toulouse en mai dernier après un énorme meeting sur le Capitole et les 400 militants du Front de Gauche sont derrière moi», assure-t-il comme pour conjurer le mauvais sort que la gauche élue lui réserverait.
Mais la politique étant aussi un art de ne jamais désespérer, il lui reste encore quelques mois pour se refaire.
Libé Toulouse - le 10 janv 2013
