Rassemblement à Toulouse à la mémoire de Clément Méric
Plus de 15.000 personnes ont manifesté ce jeudi dans toute la France en hommage à Clément Méric, militant d'extrème-gauche, décédé après avoir été frappé lors d'une bagarre avec des skinheads à Paris. Ils étaient 300 à Toulouse et 50 à Cahors. D'autresrassemblements sont prévus en Midi-Pyrénées (NDLR: à Montauban le vendredi 7 juin à 18h30 rdv rue de la résistance)
Plus de 15.000 personnes ont manifesté jeudi soir dans toute la France en hommage au jeune militant d'extrême gauche Clément Méric, décédé après avoir été violemment frappé lors d'une bagarre avec des skinheads la veille à Paris. Les manifestations ont rassemblé 5.000 à 6.000 personnes à Paris et quelque 10.000 personnes en province dans plus d'une soixantaine de cortèges, selon une source policière.
A Toulouse, ils étaient 300 devant la préfecture. "Pendant que certains manifestent, d'autres tuent", pouvait-on lire sur une pancarte dont le verso interrogeait: "Humanité, où es-tu?". Au même moment, une cinquantaine de personnes se réunissait à Cahors.
Des manifestations similaires sont prévues ce vendredi soir à Tarbes et samedi à Rodez et Toulouse. Le maire de Toulouse et des élus Europe Ecologie Les Verts (EELV) réclament l'interdiction du rassemblement des "jeunesses nationalistes" prévu à Toulouse samedi et dimanche.
Le militant d'extrême gauche Clément Méric, dans un état désespéré mercredi soir à Paris, est décédé jeudi. Sept personnes ont été placées en garde à vue.
France3.fr - Par Véronique Haudebourg - Publié le 07/06/2013
Rassemblement en hommage à Clément et contre tous les racismes samedi 8 juin 14h place Arnaud Bernard.
A Toulouse, demande d'interdiction d'un défilé nationaliste
Beaucoup de drapeaux, mais petite foule à Toulouse. La plupart des organisations politiques et syndicales de gauche étaient représentées au bref rassemblement organisé en fin de journée devant la préfecture et la cathédrale Saint-Etienne à la mémoire de Clément Méric. Environ deux cents personnes sont au rendez-vous dès 18 h 30, à peine trois cents lors de la dissolution, vers 19 heures, après quelques brèves allocutions et une minute de silence.
"En début d'après-midi, on ne savait pas encore où et quand on se retrouverait", rapporte Arya, 21 ans, pour justifier la faible mobilisation. Etudiant à l'université du Mirail, le jeune homme a pris soin de mettre un autocollant du syndicat SUD étudiant sur son tee-shirt noir "antifascista". Des lycéens de l'Union nationale lycéenne sont venus grossir les rangs, sagement rassemblés derrière leurs propres fanions.
Des élus socialistes sont venus sans drapeau alors que les écologistes occupent les premiers rangs derrière leurs propres banderoles. Avec leurs calicots rouges, les militants du Parti communiste, du Front de gauche et du Nouveau Parti anticapitaliste sont les plus visibles, les plus organisés aussi, distribuant des tracts rédigés dans la journée. Le PS et le PCF réclament de concert "la dissolution des groupuscules néonazis".
Porte-parole de SUD étudiant, Jessica craint que cela ne soit pas suffisant. "Ils se remonteront aussitôt sous un autre nom, ce sont leurs idées qu'il faut combattre", dit la jeune fille. Sophie, 29 ans, se dit franchement "déçue" de la faible participation. "J'ai vécu en Amérique latine, on ne laisserait pas les choses se passer comme ça là-bas. On a l'impression qu'ici même la mort est devenue une banalité", regrette la jeune femme.
Le maire socialiste de Toulouse, Pierre Cohen, et plusieurs organisations de gauche ont pressé les autorités d'interdire un rassemblement prévu samedi à l'appel de l'organisation d'extrême droite Jeunesses nationalistes.
"Après l'assassinat odieux du jeune Clément Méric", le maire "juge indispensable pour la sécurité de tous et dans un contexte particulièrement sensible d'annuler" la marche aux flambeaux à laquelle ont appelé les Jeunesses nationalistes samedi à 21 h 30, a indiqué la mairie.
LeMonde.fr - le 7 juin 2013
