Sanofi Toulouse : on ne lachera rien!!!
Sanofi Toulouse : « La direction attend notre reddition »
Les représentants syndicaux du site de Sanofi Toulouse ont quitté une réunion d’information ce matin. Ils ne veulent pas entendre parler du plan de restructuration sans avoir plus d’informations. Ils donnent quinze jours à la direction avant de saisir la justice.
« Powerpoint marketing »
A la sortie de la réunion d’information et de présentation du plan de restructuration du secteur recherche les délégués syndicaux du site de Sanofi Toulouse affichaient la même solidarité qui les unit depuis huit mois. « Ils veulent la reddition des salariés et des organisations syndicales mais ils ne l’auront pas », lâche Pascal Delmas de la CFDT. Et comme depuis huit mois il le répète : « nous ne sommes pas là pour négocier le chèque» .
Ils ne négocient rien d’ailleurs puisqu’ils assurent n’avoir « aucun document supplémentaire sur l’avenir du site de Toulouse » et le sort de ses salariés alors que la direction annonce des reclassements sur ses sites de Paris et Lyon et un plan de départs volontaires. « Il n’y a eu aucune avance sur le projet », poursuit le délégué CFDT.
Pour cette réunion d’information, l’intersyndicale avait donc préparé son coup. « La direction voulait nous présenter un Powerpoint marketing pour nous vendre ce plan. Nous avons demandé une suspension de séance qui nous a été refusée, c’est une première ». Les élus du CE ont alors voté symboliquement une suspension de séance et ont tout de même fini par quitter la salle. « On n’allait pas rester jusqu’à 17h sans aucune nouvelle information sur le site… », souriait Laurence Millet, secrétaire adjointe du CE de Sud-Chimie.
« Il y a des managers qui sur le site de Toulouse ont demandé à des salariés de se positionner sur la mobilité entre les sites de Paris et Lyon alors même que le plan n’est pas encore discuté »
Ultimatum de 15 jours
Auparavant ils avaient toutefois entériné une décision plus forte et importante : la possibilité d’aller en justice. Les élus du personnel déplorent un « manque d’informations loyales » de la part de la direction dans la phase dite « d’information et consultation ». Ils demandent à être informé « du projet global de la direction » avant d’être consultés. « On n’a pas le choix », explique Pascal Delmas.
Alors les élus du personnel ont voté une délibération donnant pouvoir à la secrétaire CE pour attaquer la direction et lui demander de fournir le complément d’information. « La direction a jusqu’au 16 mars sinon nous l’assignerons devant le Tribunal de Grande Instance de Toulouse pour manque d’informations et entrave au au déroulement du CE », explique Laurence Millet.
Devant les journalistes, les représentants du personnel ont également dénoncé l’attitude de la direction qui « met en place son plan alors que « le plan pour le site de Toulouse n’est toujours pas établi et clair ». « Il y a des managers qui sur le site de Toulouse ont demandé à des salariés de se positionner sur la mobilité entre les sites de Paris et Lyon alors même que le plan n’est pas encore discuté. C’est illégal et nous avons saisi l’inspection du travail », a poursuivi la secrétaire adjointe du CE.
« 150 salariés ce matin à 9h nous ont accompagnés jusqu’à la réunion, en chantant, et ils sont ressortis aux cris de ‘On ne lâchera rien, on ne lâchera rien’ »
La réunion en chantant
Plusieurs dizaines de salariés se sont rassemblés vers midi à l’entrée du site pour écouter le compte-rendu de leurs représentants. Ils étaient « environ 150 ce matin à 9h nous ont accompagnés jusqu’à la réunion, en chantant, et ils sont ressortis aux cris de "On ne lâchera rien, on ne lâchera rien’", relatait Laurence Millet.
Prochaine étape le 11 mars avec le jugement en appel du recours des organisations syndicales contre le plan de départs volontaires présenté par la direction qui avaient été déboutées en première instance.
Carredinfo.fr / - Bertrand Enjalbal, le 1 mars 2013
Sanofi : l'ultimatum des salariés toulousains
Les salariés toulousains de Sanofi menacent de saisir la justice si la direction ne dévoile pas enfin ses intentions sur le devenir du site sur la sellette depuis huit mois.
L'incertitude est toujours aussi forte pour les 614 salariés de Sanofi Toulouse qui, après d'innombrables manifestations, ont encore décidé, hier, de hausser le ton. Lors du premier comité d'établissement organisé sur le site de la route d'Espagne, les représentants du personnel ont menacé la direction de saisir la justice si elle ne dévoilait pas enfin ses intentions. La secrétaire du CE a été mandatée à l'unanimité et dispose de quinze jours pour déclencher la procédure.
Les employés toulousains, principalement des chercheurs, vivent depuis huit mois une situation difficile. Le 5 juillet 2012, le géant pharmaceutique français annonce une réorganisation d'ensemble et un «désengagement» de Toulouse. En octobre, il évoque le déplacement de deux cents Toulousains vers Paris et Lyon mais indique que le site est placé hors de son plan en attendant les résultats d'une mission ministérielle. Depuis, la situation est restée figée, soulevant l'indignation des salariés qui dénoncent le bien-fondé de la réorganisation alors que le groupe fait des bénéfices, mais aussi le flou entretenu.
Mise en demeure
«Il est consternant de relever que la direction procède sciemment à la communication d'informations tronquées aux représentants du personnel», affirment les élus des salariés. Dans une déclaration commune, ceux-ci révèlent que l'Inspection du travail a écrit, fin janvier, à la direction pour stigmatiser «le fait que vous vous en teniez à une formule qui ne permet pas à vos représentants du personnel d'avoir la moindre vision sur l'avenir du site de Toulouse, alors même que se met en place un plan de réorganisation de la recherche en France». Une absence d'information, souligne l'administration, qui contrevient aux obligations légales.
Pour tenter de contrer et retarder le plan, une première offensive judiciaire a été lancée à l'échelle de la branche recherche du groupe. Le 11 mars, la cour d'appel de Paris doit dire si les départs envisagés par la direction sont oui ou non «volontaires». Les représentants des salariés attendent beaucoup de cette décision qui contraindrait Sanofi à présenter un plan social en bonne et due forme. Cent cinquante salariés ont manifesté hier matin à l'ouverture du comité d'établissement.
La mission des experts
Évoquée en octobre par le ministre du Redressement productif, une mission d'expertise du site toulousain de Sanofi et de son interaction avec l'Oncopole a finalement été lancée en février. Elle a pour but de dire, d'ici fin avril, si l'activité peut être sauvée. Les deux experts mandatés poursuivent en ce moment leurs rendez-vous. Les élus du personnel dénoncent «la confusion créée par la direction qui se cache derrière cette mission pour tenter de se dédouaner de sa responsabilité».
Ladépêche.fr - Jean-Noël Gros, publié le 2 mars 2013

